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Monologue

 

Néné

Toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant existés est naturellement tout à fait fortuite…*

 

 

 

 

 

 

Moi, c’est René… . Né un soir d’été. Dans ce grand lit là, il y a ma mère : couchée au côté de mon père. Le lit, le seul endroit où ma mère se reposait, se posait à la fin d’une journée. Je me souviens, elle trimait et nous, les petits, on n’avait pas intérêt de buller ! Sauf lui là, dispensé coincé dans son petit lit - c’est moi ; moi à 4 ans et demi. Coincé dans ce petit lit de bois. « Communication inter auriculaire » qu’ils ont dit. Pas bouger, pas risquer, se protéger, surtout les ras-su-rer ! Couches toi Néné! Reposes toi ! Prie le petit Jésus qui t’a sauvé. Sinon tu finiras au Paradis des anges, comme Adrienne, celle du tableau là, juste au dessus de ton lit! Dire qu'elle avait le même âge que toi, mon petit Néné, quand elle est partie. –Néné, c’est moi, René, petit, vous suivez  toujours?- Tu te rends compte la chance que tu as ! Néné. Remercie Notre Seigneur Jésus Christ ! Je suis sûr qu’elle te l’aurait dit Adrienne si elle était là aujourd’hui ! Elle aurait le chapelet à la main comme ma grand-mère celle qui veille sur moi, là. C’est elle là, la vieille dame qui chuchote « Je vous salue Marie pleine de grâce, le seigneur est avec vous, et, Jésus, le fruit de vos entrailles est béni, sainte Marie mère de Dieu », mère de… merde ! Je m’arrête là, car depuis cette époque, tellement entendu dire, redire, tellement dit, redit, le « je vous salue Marie », j’en ai fait une vraie crise de foi. Agnostique je suis aujourd’hui ! Ag-nos-tique. Si ma mère m’entendait !! Mais elle n’écoute pas là, elle conciliabule avec mon père. Ils aimaient bien faire ça, tous les deux le soir ils conciliabulent ! Jamais su ce qu’ils se disaient, refaisaient la journée peut être, parlaient des enfants, de nous, se disaient leur vie, la nôtre, la tissaient. Ce n’était pas toujours drôle à la maison.

 

 

 

Heureusement, il y avait Bébert, Bébert c’est un clin d’œil, un sourire, une pirouette, il te rend la vie plus sympathique non ?! Tu te souviens, Néné, de ce jour où, immobilisé toujours dans ton lit, la neige tombait, les flocons s’écrasaient sur le carreau de la fenêtre. Rappelles-toi, il t’a envoyé une boule de neige  qui s’est éclatée sur la vitre. Tu as d’abord été surpris, eu peur même,  puis tu as éclaté de rire.

C’était bon de rire, très bon même et quand ça venait, je prenais. En général l’ambiance était plutôt coincée.

 

 

 

 

 

On m’appelait Néné, j’avais 4 ans et demi.

Ma mère, toujours après moi ;  « cours pas, repose-toi ». Alors, comme je suis un enfant sage –les gens disaient toujours à mon père et ma mère que j’étais un enfant sage- je me repose, je bouge plus. « Tu sais, on a eu tous très peur. Ta mère s’est fait beaucoup de soucis pour toi », ça c’est ma grand mère, qui elle me répète sans arrêt : « tiens-toi tranquille, prie notre seigneur, confie-toi à Marie » Alors je prie… Elle m’a appris le chapelet ma grand-mère. A chaque fois qu’on met le doigt sur un grain on dit un « je vous salue Marie » et sur le gros grain on dit un « Notre père » ; y’a 5 fois 10 grains de « je vous salue Marie » et 5 fois un grain de « Notre Père », vous suivez ? Y’en a moins pour notre père parce que c’est surtout pour Marie, la maman de tous les gens qu’on « dit le chapelet ». C’est drôle, on dit toujours qu’on « dit le chapelet » mais on dit pas « le chapelet » on dit « je vous salue Marie ». Ça se termine par une prière que je ne suis jamais arrivé à retenir. J’y demanderais bien à ma grand-mère. Mais faut pas la déranger… « Chut », « continue de prier ». Ça m’énerve, obligé de me forcer pour pas la blesser…elle me fait peur !

 

 

 

Heureusement, il y a Bébert, il me fait rire. Je l’aime bien Bébert. Il tire la langue, je trouve ça trop rigolo. Des fois il se fait gronder quand il le fait ; ma mère lui dit –ne montrez pas ça au petit- ; alors il le fait en cachette, on s’amuse bien. Des fois, il me prend par les pieds, me met la tête en bas et me fait tourner, c’est trop drôle ! Ça fait des choses dans le ventre, comme des chatouilles. Ma maman, elle n’aime pas ça, rapport à mon cœur. J’ai été opéré, moi, c’est pour ça que j’étais dans ce lit. Il est tout en bois, une vraie cabane, et puis l’édredon, tout doux et tout chaud.

Oh ! Il neige dehors ! Bébert est là en bas, il est tout petit. Les flocons s’écrasent sur la vitre… On dirait des étoiles ! Oh la boule de neige sur la vitre ! C’est Bébert qui me l’a envoyé. Ça m’a fait peur ! (Rire).

 

 

 

 

 

 

 

 

Après Bébert celle que je préférais, c’était Adrienne. Adrienne c’était la sœur de ma mère, elle est morte. Adrienne, dans son cadre accroché là au-dessus. Moi, je l’aimais bien, elle était belle avec son bouquet de fleur, elle me regardait. Même que je lui parlais ; c’est vrai,  je lui parlais souvent, elle me consolait.

 

« Pov’ Néné interdit de bouger, de courir, alors que la neige recouvre les champs et les prés. Dis ; ça te dit de jouer ?  Bon c’est vrai, j’aurai bien du mal à te suivre ! Mais moi j’ai une excuse valable… je suis morte ! » 

 

Morte, avec un bouquet à la main, figée dans cette pose stupide de communiante ! Elle avait son ticket pour entrer au paradis ! À cette époque on était encore plus coincé !

 -A quoi ça sert de prier grand-mère ; cela n’a jamais empêché le cours de la vie et la sienne à Adrienne a été courte !- En 36 la médecine n’était pas vraiment à la hauteur. Adrienne : même pas vu les congés payés ni même la mer. Le petit Néné lui, à son âge,  il a déjà vu les Saintes Marie de la Mer ; il en a de la chance. « Mais laissez le courir ! L’opération a réussi, il l’a dit le professeur ».

Merci Adrienne !

 

 

 

 

 

 

René le 2 novembre 2007.

*NDLR: texte écrit dans le cadre d'un atelier d'écriture théâtrale. Attention; ce monologue est une digression, une théâtralisation d’éléments tirés d’une réalité vécue.

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S
<br /> Ecoute, Grincheux, on ne peut quand même pas s'occuper de tout le monde à la fois, ton tour viendra, va, réjouis toi, ta récompense n'en sera que plus grande dans les cieux.En plus, je croyais que que tu n'aimais pas l'encens.Le but des anciens était principalement d'éviter le "Mal", la mort, cet objectif a été parfaitement atteint puisque tous les enfants sont en vie.Pour ce qui est de l'affection, de la tendresse, il eût fallu que nos anciens en eussent reçu un peu de leurs parents, ce qui reste à démontrer.Je crois qu'une chose nous a un peu préservé de l'inanition affective, ce sont nos frères et sœurs, cette belle fratrie qui a peu reçu a été obligée, pour survivre d'inventer une forme d'amour de galère, de solidarité de misère.Le résultat, c'est la relation que tu as pu construire avec tes propres enfants qui, apparemment ne manque ni de tendresse, ni de câlins, ni d'Amour.<br />
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G
curieux cette façon de sortir l'encensoir et le benitier moi le souvenir que j'ai de ma mere,  en cherchant aujour d'hui dans ma memoire c'est qu'elle etais capable d'enfourcher sa mobillete avec trois petit dessus pour aller voir ses parents a graveson et que je ne l'ai pas vue une seule fois ni en voiture ni en mobylete venir m'embrasser a st felix quand j'etais collè.
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M
ah les P...... de "priviléges" de Jean Luc sans rancune aucune aujourd \\\'hui.    Jean luc je t\\\'aime et profite bien du bonheur que tu as avec Marie Laure,Elise et Lèa et un grand merci à toutes les trois de faire ton bonheur   Bizatous
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M
C'est Patrice qui me fait découvrir ce petit bijou, je n'était pas allée sur le blog depuis hier. Pourquoi on a pas reçu de newsletter? Bravo Jean-Luc. J'ai lu ça avec un très grand plaisir et même un peu de nostalgie. On a vu Babé le week-end dernier et elle se souvenait avoir pris le petit dej' un jour à Barrême quand on était petits et elle disait qu'il n'y avait du beurre que ... pour Jean-Luc. Heureusement qu'elle a réussi cette p... d'opération.
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S
Oui, voilà, c'est normal que je n'ai pas vécu comme toi ce passage de ta vie, mais je n'imaginais pas tout ce que tu dis autour de gmm et de ton sentiment d'omni-présence et protection de maman. Surtout, je ne pensais pas, ou j'avais oublié, que tu avais pu le ressentir aussi fortement. Nous, on était en pension et on a vécu tout cela d'assez loin.Deux chose dont je me rappelle super bien : - l'ANGOISSE de maman et ses deux yeux cernés de noir qu'elle a gardé si longtemps,-le mensonge que j'ai utilisé un lundi où je n'avais pas fait mon travail de maths, j'ai alors dit que nous étions allé te voir à Montpellier, alors que ce devait être le premier week-end et qu'on n'avait même pas pu te voir. Quelle honte j'ai ressenti d'utiliser ton malheur pour "excuser" ma "paresse" (pensai-je, alors que c'était aussi un peu mon malheur et mon angoisse)
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