Par André

C’est par une belle après midi de printemps que nous partîmes , affublés de cordages et nécessaires pour les aventuriers. Christian et Roch, m’accompagnaient. Nous traversâmes tout d’abord des étendues superbes et vallonnées que vous connaissez tous. Ca sentait bon le thym, le romarin et la sarriette. Arrivés au bout de notre épopée, Christian lança les cordes, tandis que j’arrimai fermement celles ci à un arbre. L’aventure allait pouvoir commencer. C’est moi qui pris les devants, et me laissais glisser doucement dans le gouffre. Christian me suivit aussitôt, tandis que Roch, restait à la surface pour surveiller les lapins. Arrivé, à une quinzaine de mètre de profondeur, une idée lumineuse me traversa l’esprit : « afin de mettre un peu de sel dans notre aventure pourquoi ne pas faire croire à Roch, que nous étions coincés et commencions à manquer d’air ». Aussitôt pensé et suggéré à mon compère, nous mîmes cette idée lumineuse en application.
Avez vous déjà compté combien de temps, il vous faut pour mettre le pied sur la pédale de frein, quand un piéton traverse inopinément devant vous ?
Rock, lui même n’y a pas non plus réfléchi , et le voilà parti chercher du secours.
A quelques encablures de là, des pompiers , des gendarmes et journalistes s’affairaient à la recherche d’un hypothétique noyé dans un lac. C’est alors que la radio de leur véhicule se mît à crépiter : « des enfants étaient coincés dans un gouffre, et il fallait aller leurs porte secours ».
Au même moment, sur les indication de Roch, et se croyant en Range Roover, moteur rugissant, roues projetant des cailloux de toute part sur le chemin, papa partit à notre recherche.
Revenons au gouffre. Au bout de 5 seconde, nous avisions que la plaisanterie avait assez durée. Nous appelâmes Roch, afin de l’avertir que nous avions assez rigolé ( il semblait que ce n’était pas le cas pour lui).. Pressentant la catastrophe que nous avions déclenchée, nous remontâmes précipitamment à la surface et partîmes à la poursuite de Roch tandis que la 404 de papa venait à notre rencontre.
Rencontre :
Papa : « C’est quoi cette histoire »
Moi : « c’était une farce »
Papa : « file de là ou je t’assomme ».
Je n’ai pas cru un seul instant qu’il m’assommerai et en toute confiance je ne m’éloignais pas de lui.
Par contre, pensez vous qu’il nous aurait proposé de nous ramener dans sa confortable voiture ? Que nenni, cahin, caha, nous rentrâmes jusqu’au Mas de Barême comme nous en étions partis, à pied.
Arrivés dans la cour du Mas, ils étaient tous là, à siroter leur pastis, gendarmes, pompiers et journalistes.
Avez vous connu le capitaine Lafont, bonhomme plutôt bourru. Quand il nous vît rentrer dans la cour, il m’interpella avec sa délicatesse pour me demander si je faisais parti de ces garnements qui s’étaient égarés dans la montagnette.
M’avisant du grand bazar que j’avais orchestré et à sa grande surprise, je me mis à sangloter.
Embarrassé par mes pleurs, il essaya, sans succès de me consoler( je le sentais gêné par rapport à papa).
Je sais que d’autres événements en corrélation avec celui ci, se sont produit ce jour là, et je laisse à ceux qui l’ont vécu le soin de nous les raconter.
Il ne venait pas souvent de copains à la maison, et depuis ce jour là, plus jamais je n’osais en inviter un.

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