
On était 9 autour de la table. Et c'était l'époque où, dans certaines familles, les enfants n'avaient toujours pas droit à la parole. Il paraît même que chez certains les enfants disaient « vous » en s'adressant à leurs parents ! Enfin chez nous on ne mangeait pas avant les grands et on pouvait parler. On se taisait juste par égard pour Jean Nocher...
Y a quelqu'un qui m'a dit que chez les Naingiers, on a la larme facile (ça se vérifie en ce moment), on dit même qu'ils ne parlent pas beaucoup, mais ça, c'est les mauvaises langues, ceux qui ont été vaccinés avec une aiguille de phonographe !
N'en croyez rien. La preuve ? Des preuves j'en ai autant que de convives (neuf ! pas tous très neufs mais bon... c'est vrai qu'on est déjà 77,78% a avoir passé la cinquantaine).
Les paroles des Naingiers sont aussi variées que les situations qu'ils rencontrent.
Elles sont tour à tour :
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Admiratives Les compliments paternels ! Oedipe, quand tu nous tiens ! Maintenant que je côtoie Marie-Hélène, je pense qu'elle aurait tant aimé que son papa plaisante sur ses robes neuves !
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Coopératives Grosse chaleur de l'été provençal, les cigales stridulent, on est sensée faire la sieste... Dans la salle de bain de Graveson : on joue avec Marie-Claire et, d'en bas, tante Claire nous propose son aide !, alors on chuchote: bla bla bla, oh oui ! si elle venait on s'amuserait bien, plus on est de fous...... et tante Claire est derrière la porte ! |
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Thermiques Mettez du côté chaud ! La douche du samedi soir, Tintin dans le bidet - Allo, allo, ici la terre, j'appelle fusée lunaire ! Sapristi ! Et s'ils étaient tous morts là-dedans ! |
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Cosmétologiques Se lavoun pas, piei se mettoun de deodorant C'était le temps de Salut les copains et Mademoiselle âge tendre, les débuts du maquillage plus ou moins en cachette, le pantalon interdit qu'on enfilait derrière le portail du pensionnat avant d'aller prendre le train pour rentrer à la maison (non, ça c'est pas nous, c'est les copines, parce qu'à la maison aussi c'est interdit le pantalon). |
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Economiques
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Scientifiques
Tu as le compas dans l'oeil Celle-là elle est vraiment perso ! merci papa, ça m'a valu des bonnes notes en maths ! et moi d'imaginer ce fameux compas dans mon oeil ! pourquoi pas une équerre aussi ? Au fait, vous savez combien font le tiers et demi de cent ? Et si j'étais ce que je suis, plus la moitié de ce que je suis, plus le tiers (...) et toi avec nous serions cent ! Je me trompe ou on a presque tous été plus matheux que littéraire ? |
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Menaçantes
Tu descends ou je monte ! N'est-ce pas qu'il est beau notre escalier ? Et plein d'histoires : les cousinades dans le froid des veillées calendales pendant que tonton Louis, tante Jeanne, papa et maman faisaient une belote, ça rigolait bien des deux côtés de la porte de la cuisine ! Et l'histoire de la tête de Geneviève coincée entre les barreaux de la rampe ... Et le compteur qui débouclait les sandales d'André... |
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Républicaines Lipo te, gratto te, frotto te Ah ! la politique ! Pardon Marie-Agnès, je t'ai gâché bien des repas du dimanche quand les discussions entre papa et la jeune gauchiste valentinoise, embrigadée par ces espèces de paysans-travailleurs comme ils s'appelaient te faisaient quitter la table en pleurs. Tu croyais qu'on se disputait grave ? |
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Et surtout, Généreuses Petit Jésus, je vous l'offre. C'est une incantation destinée à supporter les vicissitudes du parcours sur la terre. C'est aussi un médicament qui aide à avaler les morceaux de daube tillouse.
Tout ça, c'est mes Naingier à moi ! |
Bénissez nous !