Par Geneviève
Voilà la version, en principe, définitive de ma lettre. J'ai tenu compte de vos commentaires rapides et vous embrasse tous trés fort Ginou
Lentilly, le 10 novembre 2006
Madame Geneviève C
Monsieur le Directeur
Centre hospitalier
De T
Monsieur le Directeur,
Je suis un des sept enfants de Madame G, atteinte de la maladie d'Alzheimer et résidente aux Tournesols depuis le 8 juin 2006.
En même temps que son admission, son mari (81 ans) qui s'est occupé d'elle au quotidien depuis le début de sa maladie, il y a 6 ans, a été hospitalisé durant quatre mois à l'hôpital d’Arles.
Pendant ces quatre mois nous avons avec mes frères et sœurs veillé au maintien de leurs liens en les faisant se rencontrer les week-ends à nos ou à leur domicile(s) et chacun de nous a rendu
visite aussi souvent que possible à notre maman.
Vous effectuez une enquête sur la maison de retraite et c'est pour moi l'occasion de vous dire de façon détaillée mon opinion sur votre établissement.
Mes relations avec le personnel soignant ont toujours été très satisfaisantes : l'accueil et l'écoute tant des infirmiers que des aides soignants ont toujours été de qualité, par contre les
demandes ne sont parfois pas suivies d'effet ( à deux reprises j'ai sollicité la possibilité que maman puisse parler de son admission et de sa maladie avec un professionnel type psychologue à
quoi on m'a dit : « je vais le marquer dans le cahier »... ! , ma sœur a demandé l'intervention d'un pédicure pour une plaie à un ongle qui semblait s'infecter, chez une personne atteinte de
diabète, dont la réponse a été différée). De même, à deux ou trois reprises mon père, ou l’un de nous a signalé, des douleurs au bras, ou à la cuisse, et il nous a été répondu qu’on s’en occupait
et allait lui faire faire des examens sans que nous ayions été mis au courant des résultats de ces examens.
J'ai essayé au moment de la sortie de l'hôpital de mon papa de joindre le médecin du service, je n'ai malheureusement pas pu parler au téléphone avec cette personne qui ne veut s'entretenir
qu'avec un seul des enfants. J'aurais voulu pourtant aborder avec elle la question du désarroi de sa patiente qui ne comprend toujours pas pourquoi elle ne retourne pas vivre avec son mari à leur
domicile. Notre père, après quatre mois d'hospitalisation, ne sait pas quoi répondre et se trouve très culpabilisé à tel point qu'il demande ce qu'il faut faire, c'est-à-dire, faut-il la ramener
chez lui ? Ce qui est, bien entendu, impensable !
A qui faut-il s'adresser devant de telles difficultés et souffrances, si ce n'est à votre structure ? Et nous, comment pouvons-nous les aider l'un et l'autre ?
Enfin, je voudrais vous signaler un problème que nous rencontrons souvent les week-ends : nous n’habitons pas tous T et ne pouvons pas toujours prévoir à l’avance de faire sortir maman le samedi
ou le dimanche et il faut chaque fois faire téléphoner au médecin de garde. Ne pourrait-on pas plutôt avoir une autorisation de sortie permanente avec un avis médical éventuellement contraire, si
un jour elle était malade ?
Je ne sais pas quand va ouvrir la nouvelle maison de retraite mais nous mettons beaucoup d'espoirs dans cette nouvelle structure. J'espère que vous aurez les moyens d'aider vraiment les personnes
atteintes de maladie d'Alzheimer :
avoir des animations dans le service : ergothérapie, kiné, jeux, chants, groupes de parole,
faire un vrai accompagnement des plus proches, tellement touchés par la démarche de la séparation ( je pense essentiellement aux conjoints âgés).
J’espère pouvoir participer à la réunion du 8 décembre,
vous remercie de l'attention que vous porterez à mon courrier
et vous prie d'agréer, Monsieur le Directeur, l'expression de mes sincères salutations.
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